Archives de la catégorie: Marché immobilier

Nouveau casse-tête pour les propriétaires de condos

Les syndicats de copropriétés doivent désormais tenir un registre des améliorations apportées aux parties privatives de leurs immeubles. Gros problèmes en vue.

Les nouvelles règles vont entraîner tout un lot de surprises pour les syndicats et gestionnaires d’immeubles de condos. Elles prévoient notamment que le syndicat doit tenir un registre des améliorations apportées aux parties privatives.

Vous avez bien lu : dès qu’un copropriétaire rénove ou améliore son espace privé ( ou son unité ), le syndicat doit en connaître les détails, soit la nature et la valeur des travaux.

La vaste majorité des syndicats ( plus de 80 %, selon certaines sources ) ne disposent pas d’un tel registre. Pourtant, la plupart des déclarations d’immeubles en copropriété prévoient déjà qu’un copropriétaire qui rénove son unité doit en avertir son syndicat.

Règlement

Le nouveau règlement ne doit pas juste intéresser les experts : tous les propriétaires de copropriétés devraient le connaître, car il influera sur la valeur de votre unité à la revente ainsi que sur la couverture d’assurance de l’immeuble et de l’unité ( donc, son coût ).

Car la nouvelle règle précise qu’à défaut d’un tel registre, c’est la valeur de l’unité au moment de la livraison de l’immeuble qui est reconnue. Si vous avez remplacé les armoires de mélamine pour du thermoplastique, le comptoir de stratifié pour du granite, ou changé les planchers pour du bois exotique, la valeur de ces travaux ne sera pas reconnue en cas de sinistre ou, peut-être, de revente. Même si vos améliorations ont coûté 100 000 $.

En cas de sinistre

Admettons qu’un dégât d’eau survient dans votre immeuble et qu’il faille rénover votre condo, en tout ou en partie. Quelle est sa valeur avant sinistre ? Sans registre, l’assureur ne tiendra compte que de celle des finis originaux… à la construction de l’immeuble.

Le syndicat de copropriété a donc désormais l’obligation de définir exactement la valeur d’un appartement standard d’origine, ainsi que les améliorations apportées au fil des ans. Ça peut se compliquer si les copropriétaires ou leur syndicat n’ont conservé aucun document ou facture. Ou si un promoteur a converti en condos un ancien bâtiment industriel, mais les a livrés sans les finis. Si ces condos sont revendus, l’acheteur n’a aucune idée de la valeur originale et de celle des améliorations apportées à son unité. En cas de sinistre, l’opinion des experts en sinistre du syndicat et celui des copropriétaires pourraient diverger grandement. Qui aura raison ?

Le problème peut être particulièrement grave dans les immeubles de deux à huit copropriétés, où les gestionnaires sont souvent bénévoles et les documents souvent mal conservés.

Conseils

  • Conservez et transmettez systématiquement à votre syndicat toutes les factures de rénovation de votre unité.
  • Syndicats et acheteurs devraient toujours obtenir les documents promotionnels du promoteur, qui décrivent clairement les finis et les plans de chaque unité.
  • Les acheteurs doivent demander au syndicat s’il existe un registre des améliorations aux parties privatives.
  • Un expert, Me Yves Joli-Cœur, donne un cours sur le sujet (info : condolegal.com)

 

D’après : Un nouveau casse-tête pour les propriétaires de condos de Stéphane Desjardins, Le Journal de Montréal, 22 août 2018

Des menottes déguisées en cadeau de votre courtier immobilier

En apparence, les programmes d’assurance offerts gratuitement par les courtiers immobiliers sont un bel avantage pour les acheteurs de maison. Mais en réalité, le cadeau cache des menottes.

« Aaah ouain ! », comme s’exclame l’hilarant André Sauvé dans la publicité de RE/MAX où l’humoriste vante les mérites de Sécuri-T.

Ce programme d’assurance lancé au début de l’année permet d’assumer les versements hypothécaires pendant 12 mois si le nouveau propriétaire perd son emploi. Via Capitale offre une protection similaire depuis une vingtaine d’années.

Mais pour avoir droit à ces privilèges, les acheteurs doivent contracter une hypothèque auprès d’un démarcheur hypothécaire de la Banque Nationale, de Desjardins ou de la Banque de Montréal.

Pourquoi cette contrainte ? Parce que ces prêteurs retournent une juteuse commission de 0,5 % du montant du prêt au courtier.

Cela fait de coquettes sommes, quand on sait qu’une maison unifamiliale vaut facilement un demi-million de dollars à Montréal. Sur une hypothèque de 400 000 $, le courtier recevra par exemple 2000 $. Juste pour refiler le nom du client au prêteur. Voilà de l’argent vite fait ! Sans compter que le propriétaire du bureau de courtage ainsi que la société mère reçoivent eux aussi leur quote-part.

Bien sûr, le client est libre d’aller voir ailleurs. Mais le courtier lui fait alors signer un formulaire de renonciation qui risque de lui donner des remords. Bref, tout est mis en place pour inciter l’acheteur à faire affaire avec le prêteur qui donne un cadeau au courtier.

Avec ou sans programme d’assurance, ce système de commissions en échange de références existe depuis belle lurette dans le courtage immobilier. Mais il est appelé à disparaître dans le cadre du projet de loi 141 récemment adopté.

L’intention de Québec est de bannir les commissions lorsqu’elles sont conditionnelles à la conclusion d’une hypothèque.

Les commissions pour la simple référence de clients seraient encore permises, mais il y a fort à parier que les prêteurs n’offriraient plus grand-chose aux courtiers qui ne font que remettre leur carte professionnelle à un client, sans obligation de résultat.

De leur côté, les prêteurs hypothécaires espèrent que les courtiers immobiliers obtiendront leur permis de courtage hypothécaire.

Il faut savoir que les institutions financières versent une commission plus élevée aux courtiers hypothécaires ( environ 1 % de la valeur de l’hypothèque ). Mais ceux-ci font un véritable acte de courtage.

Ils analysent le dossier de crédit et les besoins du client, puis ils choisissent l’hypothèque la mieux adaptée parmi les quelque 150 produits sur les rayons. Autrement dit, ils font un vrai magasinage.

C’est bien différent du courtier immobilier, qui se contente d’aiguiller son client vers un prêteur qui le rémunère, sans que le client sache trop ce qui se passe dans les coulisses.

En théorie, les consommateurs doivent être informés des commissions versées par la bande à leur courtier immobilier. Mais en pratique, l’avis de divulgation arrive trop tard.

C’est souvent le démarcheur qui le fait signer à travers le tas de papiers que le client aura à signer quand la transaction sera bouclée.

Il est alors trop tard pour que le client change son fusil d’épaule. Mais de toute façon, le client ne risque pas de tiquer, car le formulaire ne présente même pas le montant de la commission, ni en pourcentage ni en dollars sonnants et trébuchants, comme cela se fait en Colombie-Britannique.

Les clients sursauteraient s’ils apprenaient que leur courtier touche une ristourne qui se chiffre en milliers de dollars et ils se demanderaient ce qui justifie une telle commission.

Cette relation entre le courtier et le représentant hypothécaire pose un problème d’éthique. Même si le client reste libre d’aller voir ailleurs, le système de référence est conçu pour influencer ses choix, pour le guider dans une direction qui rapporte davantage au courtier.

N’en déplaise aux courtiers immobiliers, l’actuel système de commission doit être revu et corrigé pour éliminer les conflits d’intérêts. C’est exactement ce que les États-Unis ont fait après la crise de 2008.

 D’après : Cadeau ou menottes de votre courtier immobilier ? de Stéphanie Grammond, La Presse, 3 juin 2018 ( Dans la série : Dans les coulisses de votre hypothèque. )

Prudence à l’achat d’un condo

Vie de condo et achat intelligent

Acheter un condo, ce n’est pas comme faire l’acquisition d’un bungalow ou d’un « plex ». Il faut savoir pourquoi on veut vivre en copropriété, assumer que la gestion de l’immeuble est l’affaire de tous les propriétaires et bien cibler son secteur, question de protéger son investissement.

David avait tout juste 23 ans lorsqu’il a décidé de quitter Sainte-Thérèse, dans les Basses-Laurentides, pour habiter à L’Île-des-Sœurs, dans son premier condo tout neuf. Il a tellement aimé ce mode de vie qu’il a, depuis, acheté deux autres condos dans son île avec sa conjointe Mylène.

« Nous en sommes à notre troisième copropriété en moins de 15 ans », raconte le copropriétaire âgé dans la mi-trentaine.

Inutile de préciser que le couple, qui a deux filles – âgées de 9 mois et 3 ans – a fait son nid dans l’immobilier en privilégiant la formule sans entretien du condominium.

« On n’a pas de cour gazonnée, pas de terrain à entretenir, racontent les copropriétaires. Si on veut aller jouer dehors avec les enfants, on a un parc en face de notre immeuble ; si on souhaite aller bruncher au centre-ville avec des amis, on prend les transports en commun. Il y a un arrêt d’autobus à proximité. Et on a la piscine ! »

Tous deux ne cachent pas que la décision d’acheter un condo en zone urbaine a été fortement influencée par la proximité des services et le lieu de travail. « On n’a pas besoin d’avoir une deuxième auto, et ça nous fait réaliser d’importances économies », estime le courtier d’assurances, à la tête de sa propre entreprise. Sa conjointe enseigne au primaire, à L’Île-des-Sœurs.

À l’époque, il n’était pas question pour lui de passer une heure et demie en voiture entre Sainte-Thérèse et le centre-ville pour se rendre au travail. C’était la même chose pour sa conjointe.

Cette détermination à vivre avec le moins de contraintes possible a amené le couple à acquérir, l’an dernier, un plus grand condo, pour que la petite famille y trouve son compte, et l’espace requis.

« On a une vue superbe ! s’exclame David. On peut même voir le pont Champlain et la circulation dense aux heures de pointe ! » L’appartement de 1400 pi2, un penthouse, est niché au 19e étage d’un immeuble de 140 logements, « bien administré et bien entretenu », précise-t-il.

Le couple y a mis le prix : 455 000 $, en plus des rénovations qui se sont élevées à 50 000 $. « C’était un appartement qui manquait d’amour, avec des tapis roses, évoque le copropriétaire, en riant. On a tout remis au goût du jour et on est vraiment satisfaits du résultat. »

Un investissement rentable, le condo ? « D’après mon expérience, répond David, c’est le cas, jusqu’à présent. Ça me permet de vivre dans un environnement fort agréable, pour beaucoup moins cher qu’une maison. À L’Île-des-Sœurs, une propriété unifamiliale se vend facilement dans les 800 000 $. »

Il faut comprendre qu’il y est allé par étapes avant d’en arriver là. Il a acquis son premier condo pour 205 000 $ en 2004, qu’il a revendu cinq ans plus tard pour la somme de 323 000 $. « J’ai acheté au bon moment et au bon endroit », se félicite-t-il, après coup.

Cibler les bons quartiers et le bon immeuble

Mais voilà : tous les acheteurs de condo ne font pas nécessairement les bons choix quand vient le moment de s’installer en ville ou en banlieue.

D’où l’importance d’acheter dans des secteurs recherchés qui vont prendre de la valeur.

À cause de promoteurs qui ont « beaucoup trop construit » au cours des dernières années certains secteurs sont saturés et les prix fléchissent.

Dans ce contexte, l’achat d’une copropriété, dans un secteur où l’offre est surabondante, peut s’avérer un investissement négatif, du moins à court et à moyen terme.

Cela dit, la progression du marché du condo est « conditionnelle à la façon dont les propriétés sont gérées et entretenues ».

Il ne faut pas que l’achat devienne un achat à problèmes. Pour cela, l’acheteur doit s’assurer de la qualité de construction de l’immeuble et voir à ce que le fonds de prévoyance soit bien provisionné.

Donc, si on veut que son achat devienne rentable, il faut prendre le temps de trouver la bonne copropriété, dans le bon immeuble, et en fonction de son emplacement.

D’après : Vie de condo, dossier de Yvon Laprade, La Presse+, le 3 février 2018

Le marché de l’immobilier plus solide que prévu

Le bilan publié par la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) montre que le marché immobilier du Québec a connu une croissance des ventes pour le 12e trimestre consécutif et une performance exceptionnelle des marchés immobiliers des petits centres urbains. Par ailleurs, le bilan montre aussi que les copropriétés séduisent de plus en plus les Québécois.

Un autre record

En 2017, 82 639 propriétés immobilières ont été vendues au Québec, environ 2000 de plus que le sommet atteint en 2007. Le marché a été plus solide que les acteurs ne le prévoyaient. Les premiers resserrements hypothécaires introduits par le gouvernement Trudeau avaient soulevé des craintes dans le secteur. Toutefois, l’impact des resserrements a été moindre qu’anticipé.

Des petits centres urbains très performants

Les marchés immobiliers de plusieurs petits centres urbains ont connu une performance exceptionnelle au quatrième trimestre de 2017. C’est le cas pour Mont-Tremblant, où les ventes ont augmenté de 23 %. À Rouyn-Noranda et à Sorel-Tracy, les ventes ont connu une croissance de 20 et 19 %, respectivement. Selon Paul Cardinal, directeur d’analyse à la FCIQ, les changements démographiques peuvent expliquer l’intérêt de nombreux acheteurs pour ces villes.

« Il y a deux tendances qui sont en cause, indique M. Cardinal. D’une part, les baby-boomers peuvent se permettre d’acheter des résidences secondaires, car ils sont pour la plupart avancés dans le paiement de leurs hypothèques. D’autre part, les semi-retraités ont la possibilité de s’accommoder pour se rendre au bureau un ou deux jours par semaine. Ces gens vont aussi opter pour une résidence dans ces secteurs de villégiature pour y passer une grande partie de la semaine. »

La copropriété : une option séduisante

La copropriété est le type de propriété qui a connu la plus forte croissance du niveau des ventes au quatrième trimestre de 2017, soit une hausse de 15 %. Les ventes des plex et des unifamiliales ont augmenté légèrement, de 4 et de 3 %. Cette tendance devra continuer à s’amplifier en 2018, selon Paul Cardinal. « Le facteur principal est la réduction de la taille des ménages, a-t-il dit. On a des ménages qui n’ont pas d’enfants et qui sont prêts à renoncer à de la superficie pour économiser au niveau des coûts d’entretien. Il y aussi des jeunes professionnels voulant être près du travail qui vont s’établir dans les quartiers centraux. »

Kevin Hughes, économiste à la Société canadienne d’hypothèques et de logement,  constate aussi cet engouement pour la copropriété. « On a vu que les stocks s’écoulaient dans ce segment de marché », dit-il. Selon Paul Cardinal, le marché immobilier québécois s’adapte actuellement aux nouvelles réalités démographiques. « Les copropriétés attirent également les baby-boomers. Certains d’entre eux quittent leur maison pour s’établir dans une copropriété. »

Les nouveaux contrats de courtage en baisse

Si les ventes ont crû dans la province durant le dernier trimestre, les inscriptions en vigueur ont toutefois diminué de 7 % par rapport à 2016. Dans le contexte immobilier, les inscriptions désignent les contrats de courtage signés et correspondent à peu près à l’offre de propriétés. Cependant, cette baisse ne semble pas inquiéter Paul Cardinal.

« Le marché immobilier nous a montré que l’offre répond assez bien à la demande, affirme-t-il. Les constructeurs aussi s’ajustent à la demande en lançant de nouveaux projets sur le marché. »

D’après : Un marché plus solide qu’anticipé, de Jeiel Onel Mézil, La Presse+, le 20 janvier, 2018

Le Québec bon dernier pour le taux de propriété.

L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) a demandé jeudi que des mesures soient prises par la province pour hausser le nombre de ménages propriétaires du logement qu’ils habitent.

Six Québécois sur dix sont propriétaires, selon les données du dernier recensement. Ce taux demeure le plus faible parmi les provinces canadiennes et il fait du surplace à 61 % depuis 2011, déplore l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ). « Depuis plusieurs années, l’APCHQ demande que des mesures pour favoriser l’achat d’une première propriété soient mises en place.

Malheureusement, aucune mesure réelle n’a été instaurée et le constat est on ne peut plus clair : l’inaction a fait en sorte que le Québec est demeuré bon dernier au Canada pour le taux de propriété », affirme François-William Simard, vice-président, Développement stratégique et communications de l’APCHQ.

Cette association représentant les entrepreneurs en construction propose notamment d’abolir la « taxe de bienvenue » pour les premiers acheteurs, de permettre à des parents de transférer une partie de leur REER, sans pénalité, à leurs enfants pour les aider à devenir propriétaire ou d’instaurer un programme québécois d’aide à la mise de fonds pour l’achat d’une première propriété.

« Sans des mesures concrètes, il ne fait aucun doute que la situation continuera à stagner au Québec dans les prochaines années. Les données publiées par Statistique Canada démontrent qu’il est temps, plus que jamais, d’agir pour permettre aux jeunes familles de devenir propriétaires. Nous encourageons le gouvernement du Québec, et plus particulièrement la nouvelle ministre de la Protection des consommateurs et de l’Habitation, Lise Thériault, à se pencher sur cette question le plus rapidement possible », a ajouté M. Simard.

D’après : Agence QMI, le 26 octobre, 2017