À propos: Simon Lupien

Je suis courtier hypothécaire depuis 2008, un peu par la force des choses. En 2004, je débutais comme investisseur immobilier et mes démarches pour obtenir du financement ont été une vraie catastrophe. Pour résumé, nulle part je ne me suis senti conseillé. Pour obtenir de l’aide, je suis allé rencontrer un courtier. Tout s’est déroulé à merveille. C’est là que j’ai compris ce que le courtage pouvait amener : des conseils objectifs et la recherche des meilleurs taux et conditions en fonction du profil des clients et du marché. J’ai aussi compris qu’il n’était ni souhaitable ni nécessaire de toujours faire affaire avec la même institution financière et surtout que la fidélité ne comportait aucun avantage financier car ce sont les nouveaux clients qui reçoivent les meilleures offres, comme avec les téléphones cellulaires! J’ai beaucoup appris de ce courtier, beaucoup plus que de tous les conseillers bancaires que j’avais rencontrés dans le passé et j’ai surtout économisé de l’argent sur mon hypothèque. Aujourd’hui, je souhaite être ce courtier pour vous.

Billets récent par Simon Lupien

Avant d’endosser un proche…

Que ce soit pour une marge de crédit étudiante, la consolidation de dettes ou l’obtention de financement, un de vos proches peut solliciter votre endossement.

Les institutions financières et les créanciers hypothécaires exigent parfois un endosseur. C’est qu’ils jugent que l’emprunteur représente un risque plus élevé que la normale. Cela peut être dû à un mauvais dossier de crédit ou à la précarité de sa situation financière.

Puisque le prêteur est souvent un membre de la famille, l’endosseur accepte aisément de lui faire confiance. Il importe toutefois de faire preuve de prudence en vous portant garant auprès d’un prêteur.

Bien plus qu’une simple faveur, il s’agit d’une transaction comportant son lot de risques pouvant éventuellement nuire à votre santé financière.

Discernement et vigilance demeurent les mots d’ordre.

Avant de cautionner le prêt, une discussion à propos des habitudes financières du débiteur s’impose. Analysez ensemble son budget, son dossier de crédit, et surtout, les raisons qui le poussent à devoir emprunter.

Assurez-vous de bien cerner sa capacité et sa motivation à redresser ses finances personnelles.

Dès que vous consentez à endosser un proche, le prêt dont vous êtes consignataire augmente votre niveau d’endettement.

Tant que la dette n’a pas été entièrement acquittée, il risque d’y avoir des effets négatifs sur votre capacité de contracter du crédit. C’est parce que votre ratio dettes/revenus est bouleversé.

De surcroît, l’historique de paiement de l’emprunteur sera désormais lié au vôtre.

Le moindre retard de sa part entachera votre cote de crédit comme si vous étiez le seul débiteur du prêt. D’où l’importance d’avoir confiance en la discipline financière de la personne dont vous vous portez garant.

Informez-vous aussi au sujet de la déchéance du terme, c’est-à-dire de la sanction subie lorsque l’emprunteur ne respecte pas ses engagements.

Lorsque le défaut d’honorer ses paiements perdure, le prêteur se retournera vers vous pour acquitter l’entièreté de l’obligation financière.

Si la personne endossée déclare faillite, vous serez le seul responsable du remboursement de la dette. Voyez donc dans quelle mesure un recours juridique peut être entamé.

D’après : Ce que vous devez savoir avant d’endosser, Le Journal de Montréal, 22 octobre 2018

Combien de pieds carrés au juste ?

Un pied carré, c’est un pied carré ! Mais quand vient le temps de déterminer la surface intérieure d’un immeuble, les choses peuvent se compliquer.

Trouver la superficie exacte d’une pièce n’est pas automatiquement chose facile, surtout quand vous le faites dans le but de vendre votre maison ou votre condo. En fait, c’est loin d’être une science exacte, même si en théorie quelques règles géométriques de base suffisent pour calculer une surface.

Vous pourriez demander à plusieurs personnes, et il est probable que chacune arrive à des superficies différentes. Une personne pourrait utiliser une méthode traditionnelle de prise de mesure ( ruban à mesurer ), alors qu’une autre pourrait s’en remettre à des outils plus technologiques, telle le laser.

Certains vont même y aller au pif quand il est difficile de mesurer une surface . Et les choses se compliquent davantage pour un espace irrégulier, comme une salle de bains.

En effet, souvent les petites pièces comme les salles de bains sont rarement prises en compte, et leurs dimensions ne sont tout simplement pas divulguées.

Quant aux pièces aux dimensions irrégulières, notamment celles où il y a des comptoirs ou des garde-robes, la précision des superficies est difficile à certifier.

Dans le résidentiel, on est loin des normes beaucoup plus précises utilisées dans l’immobilier commercial où l’on mesure de la peinture d’un mur jusqu’à celle du mur opposé.

Superficie erronée

Supposons le descriptif suivant d’une maison à vendre :

Grande superficie entièrement à aire ouverte. Plafond cathédrale de 12 pieds de hauteur surplombant un vaste salon de 322 pieds carrés !

Êtes-vous en mesure d’imaginer ce salon de 322 pieds carrés que vous n’avez jamais vu ? Essayez maintenant d’imaginer la disposition de vos meubles. Ce n’est pas toujours évident. La meilleure mesure, c’est votre ressenti lorsque vous visiterez l’endroit.

Imaginons maintenant que d’éventuels acheteurs de cette maison découvrent ( ou estiment ) que les superficies réelles diffèrent à la baisse de quelques pieds. Rien ne les empêche de se servir de cette découverte comme levier de négociation, par exemple pour faire baisser le prix de 20 000 $, d’où la pertinence pour le vendeur et son courtier d’ajouter à leurs dimensions la mention « irrégulier ».

Au-delà de la superficie

Que vous souhaitiez acheter ou vendre une maison ou un condo, il faut garder en tête que ce n’est pas uniquement la superficie d’une maison qui attire les acheteurs en premier ; il y a son emplacement, son prix, la disposition de ses pièces, le nombre de chambres, de salles de bains, le terrain, les espaces de stationnement, etc. Et plus important que tout : l’impression générale !

En fin de compte, au-delà des chiffres, l’important, au moment d’acheter une maison ou un condo, c’est de s’y sentir à l’aise.

Conseils

  • Si vous achetez une maison ou un condo, ne considérez pas nécessairement exacte la superficie déclarée.
  • Au moment d’une visite en vue d’un potentiel achat, rien ne vous empêche de mesurer certains espaces vous-même.

D’après : Bien calculer la superficie intérieure de votre maison de Ghislain Larochelle, Le Journal de Montréal, 3 septembre 2018

En situation d’offres multiples…

Vous recherchez une maison dans un secteur convoité quand tout à coup, la maison rêvée est enfin mise sur le marché. Puisque vous n’êtes probablement pas le seul acheteur à vouloir déposer une offre d’achat, voici quelques astuces qui vous permettrront de vous démarquer du lot.

Une situation de multioffre survient lorsqu’un vendeur reçoit plusieurs offres pour la même propriété, et ce, dans un court délai. Toutes les offres d’achat sont alors présentées en même temps au vendeur. Les courtiers impliqués dans la transaction ont l’obligation de divulguer chacune des promesses d’achat concurrentielles tout en maintenant leur confidentialité. Les acheteurs pourront alors, s’ils le désirent, avoir la possibilité de bonifier leur offre initiale.

Options du vendeur

Le vendeur dispose alors de plusieurs options, notamment : accepter une des promesses d’achat et refuser toutes les autres, faire une contre-proposition à un seul des acheteurs, accepter une des offres et faire une contre-proposition à un autre acheteur, en s’assurant de mettre cette dernière en deuxième rang ou encore refuser toutes les promesses d’achat. Le tout doit se faire selon les délais d’acceptation entendus sur les promesses d’achat, après quoi ces promesses deviennent nulles.

Faire briller son offre

L’acheteur qui dépose la proposition la plus intéressante est normalement celui dont l’offre sera acceptée. Bien que la tactique la plus commune soit d’offrir un prix élevé, d’autres dispositions permettent de faire en sorte que votre offre se démarque :

  • Inscrivez le moins de clauses et de conditions possible. Trop de clauses spéciales peuvent laisser entendre que votre financement pose problème.
  • Dans le même ordre d’idée, évitez les clauses créatives et farfelues, du genre : « Cette offre est conditionnelle à une visite avec mon patron. » Ou encore : « Cette offre est conditionnelle à l’entière satisfaction de ma mère. »
  • Assurez-vous d’avoir une lettre attestant votre pré-qualification auprès d’un prêteur hypothécaire. Sinon, il est probable que le vendeur ne souhaite pas prendre de risque inutile avec vous.
  • Fournissez une preuve de possession des liquidités nécessaires à la mise de fonds.
  • Vous pouvez aussi joindre à votre offre une lettre expliquant vos motivations à vouloir acquérir cette propriété. Parfois, c’est le facteur affectif qui fait pencher la balance en faveur de tel ou tel acheteur.
  • Si vous souhaitez vous porter acquéreur d’un immeuble à revenus et que vous possédez déjà d’autres immeubles, démontrez votre sérieux en envoyant un aperçu des autres projets que vous avez déjà réalisés. Cela démontrera que vous avez la ferme intention d’accompagner le vendeur jusque chez le notaire.

CONSEILS

  • Peu importe votre désir d’obtenir une maison donnée, la clause de l’inspection préachat est incontournable. Autrement, vous pourriez vous retrouver avec de coûteuses rénovations qui atténueront considérablement la joie d’avoir déniché votre maison de rêve.
  • Avant de déposer des offres d’achat, tâchez d’obtenir une pré-approbation pour votre financement. C’est essentiel, puisque cela démontrera votre sérieux au vendeur.
  • Parfois, l’émotion l’emporte sur la raison. Avant de faire une offre d’achat, assurez-vous de bien lire la fiche descriptive de la maison, et de visiter l’endroit.
  • Si vous vous faites accompagner par un courtier immobilier dans le processus, celui-ci pourra vous conseiller à chacune des étapes de la transaction. Le courtier doit respecter des devoirs et obligations en vertu de la Loi sur le courtage immobilier : il est notamment tenu de promouvoir vos intérêts et de protéger vos droits.

D’après : Gagner la bataille de la contre-offre pour acheter une maison de Ghislain Larochelle, Le Journal de Montréal, le 17 décembre 2018

Hypothèque et nouvel emploi

Est-ce une bonne idée de renouveler ou de souscrire à une hypothèque alors qu’on a un nouvel emploi ?

La vie est truffée d’aléas souvent imprévisibles.

Quelques exemples… Contre toute attente, votre patron vous remercie, et vous devez trouver du nouveau travail. Ou encore, vous trouvez enfin l’emploi de vos rêves, et par conséquent vous quittez votre poste actuel pour accepter ce nouvel emploi. Or, nouvel emploi, signifie fort probablement période d’essai. Celle-ci s’étale généralement sur quelques mois.

L’ennui, c’est que vous projetez de faire une demande de financement hypothécaire dans les jours qui suivent. La banque verra-t-elle en vous un bon candidat ?

La banque n’aime pas l’incertitude.

Deux éléments motivent les institutions financières à vous prêter de l’argent.

Il s’agit d’abord de votre capacité à rembourser le montant prêté, mais surtout de votre capacité à payer les intérêts qui vous seront facturés.

Ainsi, aux yeux de votre banquier, le candidat parfait ne sera pas celui qui gagne le plus d’argent, mais plutôt celui qui présente le profil le moins risqué possible.

Malheureusement, rien ne garantit que vous conserverez votre nouvel emploi pendant votre période d’essai. Vous pouvez tout de même demander à votre employeur une lettre confirmant que vous êtes bel et bien à son emploi. Mais si votre lettre fait état de votre statut d’employé en période d’essai, votre approbation hypothécaire sera conditionnelle à ce que cette période d’essai soit terminée avant de signer chez le notaire.

Quant au renouvellement hypothécaire, le processus se fait généralement sans devoir fournir de preuve de revenus. Toutefois, la perte d’un emploi prive d’un pouvoir de négociation. Il sera plus difficile de changer d’institution financière, ou encore d’emprunter un plus gros montant.

Au-delà de la banque : le vendeur

L’autre personne que vous devez convaincre de votre capacité d’achat, c’est le vendeur.

Supposons que malgré les contraintes, vous changiez d’emploi et réussissiez à obtenir une hypothèque. Ce financement sera donc conditionnel à l’obtention d’un statut d’employé permanentent, avant la signature chez le notaire.

Vous trouvez une propriété à vendre qui vous enchante et vous déposez une offre d’achat, avec une clause stipulant que votre financement est conditionnel.

À moins que vous ne soyez le seul candidat dans les parages, il y a de fortes chances que le vendeur reçoive d’autres offres. Le cas échéant, il pourrait vous demander de lever toutes les conditions de votre achat dans un délai de 72 heures, ce qui comprend l’inspection et votre financement. Au delà de ce délai, il pourra choisir de vendre sa propriété à un acheteur dont le financement est entièrement approuvé et libre de toute contrainte reliée à l’emploi.

Conseils

  • Le meilleur moment pour contracter une hypothèque est dans une période de stabilité financière.
  • Dans l’éventualité d’une mise à pied, il est essentiel de prévoir un fond d’urgence. Celui-ci doit être minimalement suffisant pour couvrir trois mois de revenus, idéalement six mois.
  • Pour éviter les surprises, négociez à l’avance votre hypothèque et obtenez une pré-approbation hypothécaire.

D’après : Hypothèque et nouvel emploi : un mauvais mélange de Ghislain Larochelle, Le Journal de Montréal, 12 août 2018

L’accessibilité immobilière à son pire

Le resserrement des règles hypothécaires, combiné à la remontée des taux d’intérêt, a poussé l’indice d’accessibilité à la propriété à son pire niveau depuis 1990. Et il n’y a pas d’amélioration en vue, même si la progression des taux en 2019 est moins prononcée que prévu.

À l’échelle canadienne, l’indice d’accessibilité à la propriété de Services économiques RBC est monté à 53,9 %. Un ménage moyen au Canada devait consacrer 53,9 % de ses revenus au paiement des coûts de propriété au troisième trimestre, son pire niveau en une génération, dit la Banque. Cet indice mesure le poids des versements hypothécaires, des services publics et des impôts fonciers sur le revenu mensuel avant impôts d’un ménage type.

« Par le passé, l’augmentation de la mesure de RBC était entièrement attribuable à la hausse des taux d’intérêt. En ajoutant les tests de résistance hypothécaire, les perspectives se sont assombries davantage pour bon nombre d’acheteurs canadiens », souligne l’institution. Elle estime que l’accessibilité a atteint des niveaux critiques à Vancouver et à Toronto. Mais c’est à Montréal qu’elle s’est le plus détériorée au troisième trimestre, avec un indice atteignant 45,2 %, un niveau inégalé en dix ans. À Montréal, soit l’un des marchés immobiliers les plus dynamiques en 2018, « les pressions haussières sur ces coûts s’accroissent depuis trois ans et des problèmes d’accessibilité commencent à surgir […] Les prix des logements ont encore monté rapidement ».

À Ottawa, l’indice est de 38,6 % et de 33,7 % à Québec ou c’est au beau fixe.

Le test de résistance a un impact cette année. Rappelons que de nouvelles règles hypothécaires prévalent depuis janvier dernier. Même pour une mise de fonds d’au moins 20 % permettant de se soustraire à l’assurance hypothèque, les acheteurs potentiels doivent démontrer qu’ils peuvent acquitter leur hypothèque au taux admissible le plus élevé entre le taux hypothécaire contractuel majoré de deux points de pourcentage et le taux de référence de cinq ans publié par la Banque du Canada, fixé présentement à 5,34 %. La Royale a calculé que le revenu requis pour être admissible à la propriété a bondi de 66 % depuis le troisième trimestre de 2015. Le test de résistance appliqué en 2018 compte pour plus de 40 % de cette augmentation.

Il est donc toujours plus difficile de devenir propriétaire dans ces grands marchés alors qu’ailleurs, la propriété demeure accessible. Ils ont été plus nombreux à rechercher des propriétés plus abordables, notamment du côté des copropriétés. Ce déplacement a été plutôt ressenti. Conséquence, « au cours de l’année écoulée, la mesure globale d’accessibilité à la propriété pour les appartements en copropriété au Canada a monté de 3,6 points de pourcentage, contre seulement 1,2 point pour les maisons individuelles. Les appartements en copropriété demeurent le type de logement le plus accessible au Canada, comme le montre la mesure de 43,2 % au niveau national, comparativement à 59,2 % pour les maisons individuelles. Mais l’écart se resserre ».

Hausse attendue des taux

Pour 2019, la hausse attendue des taux d’intérêt va maintenir la pression sur les coûts de propriété. « Cependant, le prix des maisons devrait reculer quelque peu dans plusieurs marchés clés et le revenu des ménages devrait continuer d’augmenter, ce qui compensera en partie les effets négatifs », indique RBC.

Quant au scénario de hausse du loyer de l’argent, le changement de ton des banques centrales face à un ralentissement économique de plus en plus perceptible vient modifier la donne. Selon les projections de BMO, le taux obligataire devrait croître de quelque 40 points de base d’ici à la fin de 2019, que l’échéance soit de 1, de 5 ou de 10 ans. Au Mouvement Desjardins, les dernières cibles publiées évoquent une hausse moyenne du taux hypothécaire affiché de 70 points pour les termes d’un et de trois ans, de 40 points pour l’échéance de cinq ans. Le taux affiché pourrait alors se situer à 4,5 %, 4,6 % et 5,9 % respectivement.

D’après : L’accessibilité immobilière à son pire par Gérard Bérubé, Le Devoir, le 22 décembre 2018

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