Archives mensuelle: août 2019

Comment accumuler la mise de fonds pour s’acheter une maison?

Vous souhaitez éventuellement acheter une maison, mais l’accumulation de la mise de fonds vous tracasse ? Voici quelques techniques pour faciliter le processus.

Avant toute chose, il faut savoir combien il vous faut. Souhaitez-vous verser le minimum de 5 % du prix d’achat de la maison ? À moins que vous ne déboursiez un minimum de 20 %, il vous faudra payer une assurance prêt hypothécaire, ainsi que les taxes qui s’appliquent.

Ensuite, il faut tenir compte du marché qui vous intéresse. Le tableau suivant illustre les prix médians des maisons unifamiliales au mois de juin 2019, avec les mises de fonds associées.

RÉGION PRIX MÉDIAN UNIFAMILIALE 5 % 20 %
Prov. de Québec 265 000 $ 13 250 $ 53 000 $
Montréal (RM) 352 250 $ 17 613 $ 70 450 $
Québec (RM) 267 000 $ 13 350 $ 53 400 $
Trois-Rivières 160 000 $ 8 000 $ 32 000 $
Sherbrooke 216 000 $ 10 800 $ 43 200 $

Une fois que vous avez déterminé combien vous souhaitez verser en mise de fonds, il faut choisir la stratégie pour amasser une telle somme. Voici quatre options.

Épargner 10 $ par jour

Faites un budget et évaluez quelle somme vous pouvez mettre de côté. Avec 10 $ par jour (ou 300 $ par mois), vous aurez accumulé 13 250 $ en 3 ans et 7 mois, soit la mise de fonds minimale pour acheter une maison unifamiliale vendue au prix médian québécois. Si vous investissez les montants épargnés, les intérêts composés pourraient vous faire gagner du temps.

Utiliser le RAP

Vous avez des REER ? Le régime d’accession à la propriété (RAP) permet de retirer jusqu’à 35 000 $ d’un régime enregistré d’épargne retraite pour l’achat d’une première propriété. Le montant retiré peut être utilisé en mise de fonds. Ce retrait n’est pas ajouté à votre revenu imposable de l’année en cours, et il doit être remboursé dans les 15 années qui suivent.

Utiliser le REER comme levier

Le fait de cotiser à vos REER repousse le paiement de l’impôt des sommes déposées au moment de leur retrait, normalement à votre retraite. Si vous disposez des liquidités pour votre mise de fonds, et que vous avez des droits de cotisation à votre REER non utilisés, vous pourriez y placer cette somme pour ensuite avoir recours au RAP. Vous bénéficieriez ainsi d’un allégement fiscal, ce qui vous aidera à payer certaines dépenses relatives à l’achat d’une maison. Toutefois, la somme retirée dans le cadre d’un RAP doit demeurer au moins 90 jours dans le REER. Il faut donc planifier en conséquence.

Opter pour la location-achat

Avec les derniers resserrements hypothécaires, cette option risque de gagner en popularité. La location-achat est un contrat de location, mais avec option d’achat, qui permet au propriétaire vendeur d’offrir à un locataire la possibilité d’acheter la propriété au terme du contrat. Celui-ci dure normalement entre 1 et 3 ans, et le loyer versé peut permettre à l’acheteur d’accumuler une partie de sa mise de fonds avant de devenir propriétaire.

Conseils

  • D’une année à l’autre, les prix de l’immobilier ont tendance à fluctuer. Si vous prévoyez acheter dans quelques années, révisez régulièrement vos objectifs d’épargne selon la fluctuation des prix.
  • La location-achat peut être une bonne option si vous n’avez pas accumulé l’entièreté de la mise de fonds nécessaire. Une partie de l’argent du loyer pourra servir à accumuler le montant nécessaire. Au terme du contrat, le locataire peut devenir propriétaire et l’hypothèque est alors transférée à une institution financière.

D’après : Comment accumuler la mise de fonds pour s’acheter une maison? par Ghislain Larochelle , Journal de Montréal, le 12 juillet 2019

Une maison familiale qui devient prison.

Après un an de vie commune, un couple décide de s’acheter une maison. Au début, tout se déroule bien, mais malheureusement, leur relation commence à battre de l’aile au bout de quelques mois.

Le couple dans la jeune trentaine doit finalement se rendre à l’évidence : l’amour s’est envolé et la séparation leur semble inévitable. Mais que pourront-ils faire de leur maison ? Ils ont acquis la propriété au coût de 270 000 $, en versant la mise de fonds minimale de 5 %.

Même s’ils ont tous deux un emploi ( de physiothérapeute et de menuisier ), ni l’un ni l’autre ne peut assumer seul le paiement hypothécaire mensuel total. Si l’un des deux va vivre en appartement, il n’aura pas non plus les moyens de payer une partie de l’hypothèque et d’alléger le fardeau de son ex-conjoint le temps que la propriété soit vendue. Résultat : la maison qu’ils ont tant désirée est devenue une prison.

Le choix de la banque

Les deux ex-conjoints se demandent s’ils ne pourraient pas tout simplement rendre les clés de la maison à leur créancier hypothécaire, et partir chacun de leur côté. Pour tenter de trouver une solution rapide et viable, ils sont allés consulter un spécialiste de la réorganisation financière. Celui-ci a d’abord dressé un bilan de leur situation.

Ils possèdent chacun une voiture de location pour laquelle ils effectuent des paiements mensuels, et ils ont un solde d’environ 2500 $ sur leurs cartes de crédit respectives. Lorsqu’ils ont emménagé, ils ont aussi contracté un prêt de 10 000 $ pour acheter des meubles et des appareils électroménagers.

Lorsqu’une personne décide de remettre les clés de sa propriété à son institution financière, celle-ci a deux options. En reprendre possession à titre de propriétaire afin de la revendre, et dans ce cas, si elle réalise un profit, elle pourra le conserver. En revanche si elle subit une perte, elle ne pourra rien réclamer aux anciens propriétaires. C’est de loin la meilleure solution pour notre couple.

Mais la banque peut aussi décider de reprendre la maison comme créancier hypothécaire. Cela signifie que lors de la vente, elle devra remettre le profit au couple, mais si elle subit une perte, ce dernier devra l’assumer. Or, c’est cette option qu’a choisie la banque, nettement moins avantageuse pour le couple.

Négocier à l’avance

En tenant compte du fait qu’il s’agit d’une vente de reprise et en calculant les frais de courtage et les frais d’intérêts, la perte potentielle de l’institution financière se chiffrerait au minimum à 27 000 $, somme que le couple est incapable de payer.

Entre les délais engendrés par les procédures judiciaires et la vente de la maison, les ex-conjoints devront probablement patienter pendant un an. Or, la cohabitation pendant tout ce temps n’est pas souhaitable. Le syndic autorisé en insolvabilité leur a donc conseillé de déposer une proposition de consommateur pour leurs dettes personnelles ( cartes de crédit et prêt, pour un total de 15 000 $ ), plus la perte potentielle de 27 000 $.

En tenant compte de leurs revenus, une proposition de 12 000 $ chacun à raison de 60 versements mensuels de 200 $ parraissait raisonnable pour leurs créanciers; cela étant plus avantageux que ce qu’ils recevraient en cas de faillite.

En négociant à l’avance et au rabais la perte sur la maison et leurs autres dettes, ils ont ainsi limité les dégâts. De plus, en n’étant pas obligés de demeurer dans la maison et continuer à payer l’hypothèque, ils ont pu tourner la page sur le passé et refaire leur vie plus rapidement.

Conseils

♦ Même si les ex-conjoints sont en bons termes, la cohabitation forcée risque d’envenimer les choses. Il est préférable de tenter de trouver une solution rapide pour régler la situation.

♦ Aujourd’hui, les institutions financières optent généralement pour la reprise à titre de créancier. Attention : cela risque d’engendrer des coûts élevés si vous devez essuyer les pertes subies par la banque lors de la vente.

D’après : Quand la maison familiale devient une prison par Emmanuelle Gril, Journal de Montréal, le 29 juin 2019