Archives mensuelle: juin 2019

Assurance et déménagement

Vous déménagez ? Vos primes d’assurance pourraient augmenter… ou baisser !

Contactez votre assureur avant de déménager. Pourquoi ? Parce que votre nouvelle adresse signifie pour lui un risque différent. Vous avez changé de quartier ? Vous êtes passé de la banlieue à la ville ? Ou vice-versa ? Vous avez un nouveau colocataire ? Vous êtes désormais en couple ? Votre nouvelle flamme a des enfants ? Ça se répercute sur vos couvertures habitation, automobile et responsabilité civile.

En assurance habitation, 98 % à 99 % des propriétaires sont assurés, contre 63 % des locataires. Pourtant, l’assurance locataire coûte en moyenne 281 $ par année, selon le Bureau d’assurance du Canada (BAC).

En assurance automobile, la prime varie aussi selon la localisation et l’usage de la voiture. Vous pouvez désormais prendre le transport en commun pour travailler ? Votre coût d’assurance pourrait baisser.

La prime moyenne de 2017 en assurance auto, pour une voiture de tourisme, incluant les dommages matériels, s’élevait à 564 $, selon le BAC. Six assurés sur dix choisissent une couverture en assurance responsabilité civile de un à deux millions $.

Inventaire de vos biens

Tant qu’à déménager, aussi bien faire l’inventaire de vos biens. Prenez votre téléphone et photographiez vos meubles et vos plus précieuses possessions. Numérisez vos factures et stockez photos et documents sur votre nuage.

Le BAC offre une matrice gratuite d’inventaire en ligne (sur le site web infoassurance.ca) qui vous permettra de rapidement estimer la valeur de chacun des articles au coût de remplacement d’aujourd’hui, taxes incluses (pratique si vous avez perdu vos factures). Certains objets les plus courants sont préinscrits.

Tous les calculs se font automatiquement et vous pouvez faire des changements à loisir. Vous pouvez aussi utiliser une application pour téléphone ( Inventaire de la Maison, MyStuff, Sortly, Memento Database, Nest Egg, Magic Inventory… ). Faites le tour de chaque pièce, garage inclus, et consignez tout. Même vos ustensiles ! Profitez-en pour faire estimer vos œuvres d’art par un commissaire-priseur, si vous soupçonnez une valeur de plus de 5000 $.

L’exercice vous permettra de fixer la valeur réelle de vos biens… et celle de votre assurance (et planifier plus facilement votre succession). Attendez-vous à des surprises…

Valeurs des biens

Attention : en assurance habitation, les contrats prévoient un plafond quant à la valeur de certains biens ( infos sur infoassurance.ca, section assurance habitation ) : bijoux, œuvres d’art, vélos, animaux, métaux précieux en lingots, collections, équipement de bureau pour travailleur à domicile, bijoux, fourrures, DVD, CD. Dans ce cas, vous devez demander un montant d’assurance plus élevé, la prime étant ajustée en conséquence.

Avant de déménager, profitez-en pour vendre vos possessions inutiles. Personnellement, quand ça n’a pas servi depuis un an, je donne ou j’affiche sur kijiji.

Conseils

  • Magasinez, magasinez, magasinez. À mon dernier changement d’assureur, j’ai économisé 800 $ !
  • Votre assureur peut se réserver le droit de ne pas assurer votre nouveau logement, mais vous êtes quand même couvert à votre ancien et votre nouveau domicile pour 30 jours… le temps de trouver un autre assureur.
  • Bénéficiez de rabais croisés en couvrant chalet, résidence principale, voiture, VTT, etc. avec le même assureur.
  • La deuxième voiture est-elle nécessaire ? Vendez-la et économisez !

D’après : Avant de déménager, planifiez bien votre assurance habitation par Stéphane Desjardins , Journal de Montréal, le 19 juin 2019

Devenir propriétaire à tout prix ?

Nombreux sont les jeunes couples qui voudraient s’acheter une maison lorsqu’ils décident de fonder une famille. Mais font-ils vraiment le bon choix en voulant devenir propriétaires à tout prix ?

Les dernières enquêtes sur l’immobilier sont claires : les intentions d’achat sont encore très élevées chez les 18-34 ans. En fait, c’est 46 % d’entre eux qui ont l’intention d’acquérir une propriété d’ici cinq ans, selon un sondage réalisé à l’automne 2018 pour le compte de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec et de la Fédération des chambres immobilières du Québec.

Aspirant à ce qu’elle estime être une meilleure qualité de vie, une bonne part de la génération des milléniaux croit en effet en l’importance d’accéder à la propriété. Mais est-ce la meilleure option à considérer ?

Des erreurs courantes

Dans un monde idéal, nos revenus devraient nous permettre de réaliser tous nos projets : acquérir une maison, voyager, mettre de l’argent de côté pour la retraite, etc. Mais la réalité est bien différente et l’on doit se résoudre à faire des choix.

« Dans les faits, les ressources sont limitées, alors que nos besoins sont illimités ! » souligne Jean-Pierre Bétie, conseiller en sécurité financière de l’Équipe Jean-Maurice Vézina. Il cite en exemple le cas d’une personne qui, à quelques années de la retraite, avait fini de payer sa maison, mais n’avait pas mis un sou de côté pour ses vieux jours.

« Elle a dû mettre les bouchées doubles et elle a littéralement arrêté de vivre pour pouvoir cotiser de grosses sommes à ses REER. De cette façon, elle a réussi à placer 196 000 $ en sept ans. La valeur de son portefeuille est maintenant de 226 000 $. En revanche, si dès l’âge de 30 ans elle avait versé 466 $ par mois dans son régime d’épargne retraite – de façon à économiser le même montant –, aujourd’hui, elle aurait accumulé 338 000 $ avec le même rendement ; une différence de 112 000 $ », explique le conseiller.

Il ajoute qu’acquérir une maison fait énormément appel aux émotions, ce qui n’aide pas à prendre des décisions rationnelles…

Ainsi, on peut être tenté d’acheter une propriété trop chère pour notre budget, sans prendre en compte les conséquences que cela aura sur notre existence. « Par exemple, on devra renoncer aux sorties au restaurant, aux loisirs, aux voyages, car l’essentiel de nos ressources financières sera consacré aux paiements de l’hypothèque », prévient Jean-Pierre Bétie.

Autre erreur : ne pas considérer dans ses calculs tous les autres frais reliés à l’acquisition d’une propriété : la taxe de mutation ( la fameuse taxe de « bienvenue » ), les honoraires du notaire, le coût des rénovations, de déménagement, d’entretien, les taxes municipales, etc. Attention, la facture augmente rapidement !

Plan d’action

Gardez les pieds sur terre en commençant par évaluer le coût de la propriété que vous pouvez vraiment vous permettre, compte tenu de vos revenus. Ensuite, calculez la différence entre ce que vous coûterait un loyer mensuel et un remboursement hypothécaire, et ajoutez-y toutes les dépenses reliées à l’acquisition de la propriété ( taxes de mutation et municipales, notaire, rénovations, etc. ). Enfin, économisez la somme nécessaire avant même d’acheter la propriété convoitée. C’est aussi la meilleure façon de vérifier si vous serez capable de vivre avec ce budget, une fois devenu propriétaire. Si vous êtes trop serré, réfléchissez à des alternatives.

« Bien sûr, plusieurs jeunes familles souhaiteraient posséder une maison unifamiliale avec un terrain. Mais si on ne peut se le permettre financièrement, un logement loué situé en face d’un parc peut constituer une option intéressante, en attendant d’avoir les moyens », suggère Jean-Pierre Bétie.

CONSEILS

  • Devenir propriétaire ne devrait pas compromettre votre capacité à économiser pour votre retraite ni à mettre de côté un coussin de sécurité pour faire face aux imprévus, une perte d’emploi par exemple.
  • Pour constituer votre mise de fonds, le Régime d’accession à la propriété ( RAP ) vous permet de prélever 25 000 $ dans vos REER, puis de les rembourser progressivement en 15 ans. Mais rappelez-vous que ce faisant, vous perdrez le rendement que vous auriez obtenu durant les 15 années où ces sommes auraient pu fructifier dans votre REER.
  • L’espérance de vie augmente sans cesse. Être propriétaire ne vous consolera pas si vous devez vivre pendant 25 ans sous le seuil de la pauvreté.

D’après : Devenir propriétaire d’une maison à tout… prix, par Emmanuelle Gril , Le Journal de Montréal, le 11 avril 2019

Quand l’assurance prend l’eau…

Les sinistrés des innondations sont passés en mode réclamation et doivent décortiquer le nouveau programme d’indemnisation dévoilé par Québec. Ils devront aussi vérifier si leur police d’assurance offre une protection contre les inondations.

Un bon nombre de propriétaires touchés par la crue ne sont pas couverts par leur assureur. Mais certains assurés bénéficient d’une protection, peut-être même sans le savoir. Voyons voir si votre assurance est à l’épreuve de l’eau…

Suis-je assuré pour les inondations ?

Historiquement, les inondations n’étaient pas couvertes par les polices d’assurance habitation. Mais depuis 2017, plusieurs assureurs comme Desjardins, La Personnelle, Intact, Bélair Direct, Aviva, Co-operators et La Capitale ont développé un avenant qui protège contre le débordement des cours d’eau.

Mais en général, les assureurs ne s’aventurent pas dans les zones à haut risque. Quand une résidence est inondée chaque printemps, ce n’est plus un risque, c’est une certitude.

Chez Desjardins, par exemple, la protection est offerte gratuitement à tous les assurés qui vivent dans une zone à faible risque, ce qui représente 80 % de la clientèle. Environ 15 % des assurés qui se trouvent dans une zone à risque moyen peuvent acheter la protection, moyennant une prime qui oscille entre 30 et 120 $. Dans cette catégorie, une personne sur trois a choisi de se procurer l’avenant. Les 5 % de clients qui se trouvent en zone à risque n’ont pas accès du tout à la couverture.

Puis-je me faire rembourser mes frais de subsistance ?

Il est bon de savoir que même si vous n’avez pas de protection spécifique contre les inondations, votre assureur peut tout de même vous indemniser pour les frais de subsistance que vous avez engagés durant une période de 14 jours.

Alors, si vous recevez un ordre d’évacuation, conservez précieusement toutes vos factures d’épicerie, d’hôtel, de restaurant, etc.

Si vous avez un avenant contre les inondations, votre assureur sera plus généreux. Il remboursera vos frais de subsistance durant la période nécessaire à la remise en état de votre habitation.

Si ma voiture est remplie d’eau ?

Ces jours-ci, on voit beaucoup d’images de véhicules remplis d’eau jusqu’aux fenêtres. L’eau a monté si vite que les résidants n’ont pas eu le temps de déplacer leur voiture en lieu sûr.

Mauvaise nouvelle : Un véhicule inondé est un véhicule irrécupérable. Si l’eau a dépassé la hauteur du plancher, c’est fichu ! La voiture sera déclarée perte totale. Ça se comprend, car les autos sont devenues des ordinateurs sur quatre roues et sont remplies de composants électroniques qui peuvent fonctionner de manière erratique.

C’est pourquoi il ne faut même pas essayer de démarrer une voiture qui a été imprégnée d’eau. Le véhicule devra être remorqué.

Bonne nouvelle : les propriétaires seront automatiquement indemnisés dans la mesure où ils étaient assurés des « deux bords ». En fait, les dommages sont couverts pour tous ceux qui ont une protection « Tous risques », « Accident sans collision » ou « Risques spécifiés ».

Comment mon assurance s’arrime-t-elle à l’aide du gouvernement ?

L’assurance privée est toujours prioritaire, car le programme du gouvernement est considéré comme une aide de dernier recours. Mais si votre couverture d’assurance est insuffisante, vous pouvez bénéficier de l’aide de Québec.

Québec a mis en place son nouveau Programme général d’indemnisation et d’aide financière, le 15 avril dernier.

En gros, ce programme offre jusqu’à 5000 $ pour les mesures préventives visant à protéger une habitation (par exemple : sacs de sable), sans pièce justificative. Il prévoit une indemnité de 20 $ par jour pour l’hébergement temporaire ( du 4e au 100e jour d’évacuation ) et de 1000 $ par mois lorsque les sinistrés reçoivent un avis les informant que des travaux de structure sont nécessaires.

Le programme couvre aussi les rénovations des pièces essentielles et le remplacement des biens essentiels endommagés ( par exemple : 2000 $ pour le mobilier de salon, 1000 $ pour un frigo, 700 $ pour un four, 850 $ pour une table et quatre chaises, 200 $ pour une batterie de cuisine).

Si vos biens valent plus cher que la somme versée par Québec, il n’est pas possible de réclamer l’excédent à votre assureur. Disons que votre frigo vaut 2000 $, vous ne pouvez donc pas recevoir les 1000 $ maximum de Québec, puis réclamer les 1000 $ restants à votre assureur.

Comme votre couverture d’assurance inondation est plafonnée, il serait donc judicieux de l’utiliser pour les travaux et les biens qui ne sont pas couverts du tout par le gouvernement.

Par exemple, si vous aviez des équipements sportifs ou une cave à vin dans votre sous-sol, ne comptez pas sur l’État pour vous les remplacer. Il est préférable de réclamer ces biens à votre assureur et d’utiliser le programme d’aide du gouvernement pour votre frigo et d’autres biens essentiels.

D’après : Est-ce que votre assurance prend l’eau ?  par Stéphanie Grammond , La Presse+, le 30 avril 2019